Articles

Pourquoi je ne prends plus de bonnes résolutions

L’illusion du renouveau

5, 4, 3, 2, 1….. Bonne année !!!!!!!!!!

Accolade, cri de joie, euphorie, feu d’artifice, mouvement de foule, transe collective. Ça y est, la nouvelle année est arrivée avec son lot de bonnes intentions ! Les voeux enfouis en nous comme des trésors sacrés émergent comme par magie et on ose enfin les regarder. C’est la nouvelle année et on peut s’autoriser à exprimer sans honte ses désirs de changements, même les plus immédiats.

Chaque année c’est la même frénésie, le même rythme, la même chorégraphie. On ajuste nos pas à une cadence qui nous colle mal à la peau mais qu’à cela ne tienne, on aime mieux danser que de rester assis là sans savoir quoi faire. On aime mieux danser et se fondre dans le moule, plutôt que de s’asseoir un temps pour s’interroger sur ce que l’on veut vraiment.

Alors on s’apprête, on s’agite, on s’invite, on planifie. On choisit sa tenue, on fête la nouvelle année chez l’ami d’un ami qu’on n’apprécie pas particulièrement, mais bon vaut mieux ça que d’rester tout seul chez soi. On cherche désespérément la SOIREE qui nous fera oublier le temps d’une nuit que nous nous sommes mis minable en nous abreuvant de tout et de n’importe quoi, pourvu que ça nous anesthésie le cerveau et qu’on oublie la crise, le chômage, les petits tracas du quotidien. Pourvu qu’on oublie. On verra bien demain !

Alors on danse comme dit si bien Stromae. On s’enivre du rythme du renouveau, et des espérances qu’il éveille en nous. Et on aspire au changement quitte à ne pas le faire en conscience. On boit, on picole, « faut bien profiter », quitte à vomir ses tripes sur la chaussée. Et puis on lance des « cette année ça y est c’est décidé je reprends le sport » ou encore « j’arrête la cigarette pour de bon « . Et on se laisse bercer par ces douces paroles que l’on répète comme des mantras vide de sens. Car oui cette année comme toutes les autres, nous avons décidé de prendre de bonnes résolutions !

 

Coup de baguette magique ?

Oh la rabat-joie ! Elle nous mine le moral avec son histoire. C’est la nouvelle année, on veut de la gaieté, du bien-être des fous rire. Pas des textes qui nous sapent le moral !

C’est ce que vous vous êtes dit en lisant le début de mon article hein ? Et bien figurez-vous que ce que je raconte je l’ai vécu quelques fois par le passé. Chercher LA soirée de l’année, trouver LA tenue qui te rendra plus fraîche que fraîche, faire en sorte que tout soit PARFAIT pour passer un moment mémorable et puis finalement, finir entraînée dans un mouvement qui ne te convient pas spécialement.

Le fait est que je ne me posais pas forcément la question de savoir ce que voulais. Je me contentais de suivre sans vraiment me demander si j’avais envie de faire cette sortie, ou de voir telle ou telle personne. Je ne faisais pas la difficile. Alors oui, certes je force un peu la caricature avec mes histoires, mais c’est aussi pour vous faire réagir (oh la coquine! rires).

Disons qu’avec le temps je m’écoute mieux et que je n’ai plus peur de refuser une invitation (soit parce que je ne suis pas disponible, soit parce que je suis fatiguée, soit parce que le coeur n’y est pas). Il m’est arrivée plusieurs fois d’avoir envie de faire quelque chose puis d’y renoncer parce que personne n’était disponible à ce moment là. Il m’est aussi arrivé d’accepter une soirée (de nouvel an ou pour fêter une autre occasion) alors que je ne le sentais pas. Mais bon vaut mieux ça que d’rester seule chez soi à rien faire ! Rires. Et bien vous savez quoi ? J’adore rester chez moi à ne rien faire, en pyjama. C’est trop cool.

Il y a dix ans, après un super voyage à Cuba, j’ai voulu apprendre la salsa. J’ai tenté de motiver mes copines mais à chaque fois que l’occasion se présentait finalement ça ne se faisait pas. Il m’est donc arrivé d’avoir envie d’aller suivre un cours de salsa et de ne pas le faire parce que personne ne voulait/ne pouvait m’accompagner. Et puis un jour j’ai réalisé que je ne pouvais pas passer à côté de ma vie en attendant que les gens que j’apprécie se calent sur mes envies. Cette attente n’était justifiée ni pour eux ni pour moi. J’ai réalisé que mes amies et mes proches avaient leur vie, leur aspiration propre, leur disponibilité. Fallait-il pour autant que je me prive de suivre mon envie de découvrir la salsa ? Fallait-il que je continue à alimenter cette croyance que « je vais passer pour une ringarde si je sors toute seule ». J’ai pris mon courage à deux mains, j’ai fais mes recherches sur internet pour prendre connaissance des différentes soirées et des événements autour de la salsa et c’est ainsi que j’ai commencé à faire mes petites soirées en solo. La magie a opéré. Pendant 3 ans j’ai été accroc aux soirées latines, je me suis fais des amis et je suis devenue une super bachatera ! Rires.

Bon je me recentre sur le sujet. Vous pouvez toujours attendre que votre marraine la bonne fée donne un coup de baguette magique au dessus de votre tête, ou alors vous pouvez vous mettre en mouvement pour faire en sorte que la magie opère dans votre vie à partir de décisions que vous prenez pour vous-même !

Je me souviens de l’époque où je prenais des bonnes résolutions. Il y avait cette espèce de tension que je ressentais physiquement et qui me serrait la poitrine. Et cette espèce de grosse voix intérieur qui me disait « Aude tu n’as pas intérêt à te rater cette année tu dois t’y tenir ». Et j’étais vraiment terrifiée à l’idée de ne pas y arriver ce qui engendrait une sorte de lutte intérieur entre le choix d’accomplir ce devoir absolu, l’obligation de ne pas échouer, et la peur de ne pas y arriver. C’est le syndrome du perfectionnisme.

Chaque année donc, le nouvel an était l’occasion de sceller en moi de nouveaux défis en choisissant d’obéir coûte que coûte à ces nouvelles résolutions que j’avais prise pour moi-même. Chaque année c’était la même tension, la même pression, le même sentiment de culpabilité, et la même déception. Je ne tenais jamais les résolutions que j’avais prise et je me sentais abattue. Déçue de ne pas y être parvenue.

Un matin de début d’année (c’était il y a environ 10 ans peut-être moins) je me suis levée, j’ai regardé ma voix intérieur (Pas la gentille voix qui te dis que tu es belle et formidable. Je parle de l’autre voix, celle qui passe son temps à te pourrir la vie. Tu sais cette connasse de Madame je-sais-tout qui juge et qui passe son temps à tout critiquer. Celle qui te fais dire que tu n’es pas assez ceci, ou trop ceci. Ok tu vois bien de quelle voix je parle hein ? Toi aussi tu en as une qui fais des tentatives de sabotage ?)

Et bien je me suis levée comme une catcheuse-guerrière, je l’ai chopé par le bras, je lui ai fais une clé de jiu-jitsu et je lui ai dis comme ça « Ecoute moi bien, plus JAMAIS tu viens me pourrir la vie avec tes idées noires et ton cynisme » Ensuite je lui ai mis un coup de boule à la Zidane.

La petite voix qui était plutôt imposante et effrayante est devenue toute petite. Elle s’est mise à bafouiller. Je lui ai expliqué que son rôle dorénavant serait de mettre en lumière mes doutes, mes peurs mes angoisses pour que je puisse en prendre conscience afin de les dépasser. Ça en était finit de cette prison mentale qui me maintenait dans la peur. La petite Madame je-sais-tout a fermé son clapet pour se mettre au service de mon évolution personnelle. Elle continue à me parler, mais aujourd’hui nous collaborons ensemble. Elle me permet de prendre conscience des choses qui me bloquent sans pour autant me gâcher la vie. Aie la trentaine c’est doux ! Le début de la maturité rires !

Bon là je vous raconte tout cela en quelques lignes, en réalité ce travail a durée 10 ans et il est bien loin d’être finit ! En bref, je crois en la nécessité de devenir l’auteure de sa vie. Je l’ai fais en assumant mon envie de devenir auteure et de raconter des histoires, et je le fais chaque jour en faisant en sorte d’être alignée. Etre alignée ça signifie faire des choses qui correspondent à la vie que je souhaite mener. Ça demande du courage, de la ténacité et de l’endurance, mais c’est possible et c’est tellement épanouissant !

Le plaisir de devenir auteure de sa vie à chaque instant

Plus j’ai appris à devenir auteure de ma vie, moins j’ai ressentis le besoin de m’imposer de prendre des bonnes résolutions. J’ai commencé à concevoir le temps autrement. Avant le mois de Janvier était pour moi une période magique. Une sorte d’annulation du passé et des tracas, une remise à zéro qui permettait de partir sur du neuf. Aujourd’hui je considère cette période comme une continuité, c’est à mon sens beaucoup plus doux, il n’y a pas de rupture entre le temps d’avant et celui à venir, juste un lien infime qui permet d’avancer un peu mieux sur le chemin de la vie.

En cessant de prendre de bonnes résolutions, j’ai commencé à considérer le renouveau comme un acte personnel, un choix conscient et décisif. Aujourd’hui je n’ai plus envie de tout recommencer et de démarrer quelque chose de nouveau issu d’un espace neutre. Je souhaite au contraire me nourrir de ce que j’ai vécu comme expérience solide. Je ne souhaite plus repartir à zéro et démarrer sur une base lise, je veux continuer à écrire mon histoire sur un papier rugueux, abîmé en certaines zones, délicat et lisse à d’autres endroits, inattendu et irrégulier sur les pages à venir. C’est en cela que consiste pour moi la magie de la vie.

By by résolutions, bonjour objectifs de vie ! C’est ainsi que je vois les choses aujourd’hui.

C’est  une vision d’ensemble et sur le long terme. J’écoute tout ce que j’ai envie de faire, de réaliser et de mettre en place puis je le planifie.

Je crée des plannings à la semaine, au mois, au trimestre, ce qui me donne une bonne vision des choses à accomplir. Dans ma tête je définis des objectifs de vie à plus ou moins long terme. Et je le fais en acceptant que tout ne se fera pas exactement comme je l’avais imaginé. Planifier me permet de donner une direction cependant il se s’agit pas pour moi d’être rigide face à la vie.

Je vous parlerai de tout cela dans un prochain article. Je sais que certaines personnes ont beaucoup de mal à comprendre cette approche. Mais dans un prochain article je vous dirai pourquoi à mon sens il est nécessaire de mettre en place des plannings et d’organiser au mieux vos agendas.

L’idée pour moi c’est de ne plus subir le temps qui passe, ne plus subir la peur de ne pas avancer et ne pas procrastiner (bon je le reconnais la procrastination ça n’a jamais été mon truc j’ai plutôt tendance à être dans la multiplication d’actions ce qui n’est pas forcément bon ! Je fais beaucoup de choses, j’apprends à optimiser car la tendance quand on est slasheur c’est l’éparpillement et surtout l’épuisement !).

Même si je prône au haut et fort l’importance de faire des pauses pour se ressourcer, je suis aussi une mumpreuneure et sais l’importance de poser des actions concrètes et efficaces pour matérialiser ce que vous souhaiter créer. Car pour avancer il ne s’agit pas seulement de vouloir.

Je profite de la fin de cet article  pour vous souhaiter une très belle année 2019 ! Pleine de réalisation, de joie et de mise en mouvement !

 

About Author

Aude a fondé Belle ô pluri'elle avec l'objectif  de valoriser l'essence féminine et promouvoir les beautés plurielles. Accompagner et aider  les femmes à révéler tout leur potentiel est une mission qui la passionne. Découvrez son dernier livre Osez le chômage ! Un tremplin vers la carrière de vos rêves paru aux éditions Vérone. http://osezlechomage.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.