Féministe moi ?

Féministe moi ?

Depuis que j’ai créé mon blog Belleoplurielle on m’a souvent demandé si j’étais féministe. A chaque fois, j’ai répondu avec un sourire amusé que *ce n’était pas le cas mais que j’étais simplement très sensible aux questions touchant de près les femmes, et à la manière dont nous étions représentées à travers les médias.

Je me suis toujours interrogée sur ce qui faisait de moi une femme et aujourd’hui du haut de mes 29 ans je ne suis pas bien sûre d’avoir trouvé la réponse.

Ma sensibilité et mon engagement m’ont amené à créer ce blog avec l’objectif de valoriser et promouvoir les beautés plurielles. Pendant de nombreuses années, j’ai été interloquée de constater qu’en matière de représentation de l’essence féminine il y avait un gros problème.

Une quasi invisibilité des beautés issues de la diversité, une représentation des femmes limitée à un modèle dominant ne reflétant pas la réalité, un discours sur la beauté creux, une obsession malsaine d’un culte voué au jeunisme,  une façon insidieuse ( mais bien réelle) d’inciter les femmes à se dénigrer et à détester leur corps, une manière de perpétuer des clichés et stéréotypes en tout genre, bref il ne m’était plus possible de rester là à rien faire.

Je n’avais pas conscience à l’époque que ce que j’avais mis en place avec Belleoplurielle  c’était un blog engagé qui avait pour objectif d’éveiller les consciences. Je n’étais pas prête à assumer cette posture, mais les choses ont changé depuis.

Je suis devenue mère et je me sens à mon tour le devoir de transmettre à mon fils des valeurs qui font sens.

Je me sens profondément connectée aux femmes et aux hommes qui ont mené de front les différents combats pour améliorer les conditions de vie des femmes. Je suis admirative face à celles et ceux qui continue à le perpétuer aujourd’hui et qui remettent au goût du jour un féminisme engagé, décomplexé, incisif et ancré aux problématiques actuelles.

Ma reconnaissance est depuis toujours sans limite. J’ai été éduqué dans une famille mono-parentale et ma mère a fait en sorte de me faire prendre conscience qu’en tant que future femme ma route serait (sans doute) semée d’embûche. Elle m’a expliqué très tôt que les femmes pâtissaient (encore) de certaines inégalités mais que rien n’était figé et qu’il était possible de révolutionner le monde à condition de s’en donner les moyens. Grâce à ma mère, je suis devenue une femme forte, sensible et responsable, en quête de liberté et prête à se démener pour mener à bien ses projets et à révolutionner le monde.

Je sais que je suis l’héritière d’un certains nombres de Droit ; celui d’avorter, de voter, de pouvoir travailler et ouvrir un compte bancaire sans obtenir l’aval de mon conjoint, celui de disposer de mon corps et de maîtriser ma fécondité, celui de choisir mon amoureux, et d’être libre de mon corps. Tous ses éléments font que je suis heureuse (et chanceuse) d’être une femme française et de jouir de tous ses droits.

Tout beau tout rose pour nous les femmes ?

Alors de quoi se plaindre ? Pourquoi s’interroger sur le féminisme et sa légitimité ? Pourquoi m’interroger sur ma propre démarche ? Pourquoi continuer à écrire des articles sur ce blog ?

Je sais pour l’expérimenter dans ma propre vie, que tout n’est pas tout beau tout rose pour nous les femmes (sauf si tu es princesse Barbie et que tu vies avec le prince Ken mais ça c’est autre chose !)

Malgré la chance que nous avons (je tiens à insister là dessus, surtout en ce moment…), des progrès restent à faire à différents niveaux. En 2017 par exemple, une femme gagne en moyenne 27 % de moins qu’un homme à compétence égale et consacre 1H30 de plus qu’un homme aux tâches domestiques. Derrière l’apparente banalité de ces deux chiffres (et il en existe tellement d’autres) résident des éléments sur lesquels nous devons travailler.

Je suis convaincue que ces changements doivent se faire en partenariat avec les hommes d’aujourd’hui. Avec nos frères, nos cousins, nos maris et amoureux. Car ces hommes appartiennent à une nouvelle génération. Une génération de papa poule investi, sensible et à l’écoute qui semble vouloir redéfinir à nos côtés, leur propre masculinité.

Pas besoin d’être féministe ou de se définir comme tel pour se sentir concerné(e) par la condition féminine. Pas besoin non plus d’être une femme pour avoir envie de faire bouger positivement les choses et contribuer au changement.

Je suis convaincue que ces idées que je défends trouvent leur écho auprès de grand nombre d’entre vous. Et je sais l’importance et de la nécessité qu’il y a de promouvoir les beautés plurielles. Car derrière mon désir de promouvoir toutes les beautés se cache l’envie de valoriser l’essence féminine sans exclure le masculin !

*Ps : je suis féministe mais ça reste entre nous !

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