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Nudité : entre omniprésence et tabou

Nudité entre omniprésence et tabou

Bonjour à toutes et à tous ! Je m’appelle Ophélie, j’ai 22 ans et suis étudiante en Ecologie Urbaine. Je m’intéresse à beaucoup de sujets d’actualité ou de sujets qui posent question dans la société.

« Féministe » dans l’âme, je suis plus particulièrement intéressée par la femme dans son ensemble et sa place dans la société actuelle.

Ainsi pour ce premier article, j’ai choisi de traiter un sujet dont nous avons tous entendu parler, et qui nous touche indirectement.

            Il y a quelques mois de ça, un ami photographe m’a parlé d’un shooting photo. Jusque-là, pas vraiment de quoi disserter. Sauf qu’en réalité, il s’agissait de nu. Et à ce moment-là, dans ma tête comme dans les réactions et avis de mon entourage, me sont apparus un tas d’opinions et sentiments contradictoires qui m’ont poussé à m’interroger sur le sujet.

           Pour commencer, les premiers arguments que j’ai pu entendre ont été les fameux «  c’est vulgaire » ou « c’est de l’art ». Mais alors où se situe la nuance ? Comment distinguer du nu dit « artistique » et du nu dit « vulgaire et provocateur  » ? J’ai d’ailleurs été étonnée de constater que beaucoup de gens font une sorte d’amalgame entre les deux, alors que ce sont deux manières de traiter le nu totalement différentes.

Je pense que ces deux opinions se confondent à cause des informations biaisées dont on est abreuvé au quotidien. En effet, le nu existe depuis toujours. Que ce soit à travers la sculpture, la peinture ou les écrits, il a toujours été utilisé dans l’art. Il fait polémique depuis longtemps mais je trouve cela exacerbé depuis plusieurs années. Selon moi, l’utilisation quasi-systématique du nu à l’heure actuelle contribue à casser cette frontière qui dissocie le vulgaire de l’artistique.

           Hormis ces réflexions opposées, j’ai également été confrontée à une autre contradiction. D’un côté, on a celles et ceux qui considèrent que le nu est une façon de s’approprier son corps et d’en être totalement maître, tandis que certains pensent au contraire que c’est une manière de se réduire à l’état d’objet. Face à de tels arguments, que penser ?

           Pour ma part, je pense qu’une fois de plus, la société et son utilisation de la représentation du corps est en partie responsable de ces visions antagonistes des choses. En effet, on entend au quotidien d’une part que la femme doit être séduisante, belle et désirable, et d’ autre part, on nous dit qu’elle ne doit pas se montrer, ni se dévoiler au risque d’être vulgaire ou d’attirer trop les regards car « une femme ça doit garder une part de mystère ». Il me paraît donc évident que ces deux discours fissurent l’opinion que l’on peut avoir du nu, de la représentation de la femme, et contribuent à entretenir ce genre de pensées contradictoires.

           Enfin, lors de cette réflexion en moi-même sur le sujet, j’ai été amené à me pencher sur le nu masculin. En effet, il est peu évoqué, mais est pourtant très présent bien que moins mis en avant. Là aussi, un fossé existe.

           Lorsque l’on parle d’une femme qui pose nue, toutes les questions évoquées auparavant ainsi que beaucoup d’autres sont soulevées, et l’idée qu’une femme puisse se dévêtir et se montrer en vient parfois à choquer. Seulement, on ne constate pas les mêmes réactions lorsqu’il s’agît d’un homme. Les réflexions, bienveillantes, sont souvent accompagnées de compliments sur le physique de l’homme en question et sur son charisme.

           Cela démontre la différence qui existe entre l’image que l’on se fait d’un homme, et celle que l’on se fait d’une femme mais également la liberté qu’on laisse à l’un et les restrictions que l’on impose à l’autre.

           En conclusion, je pense que la notion de vulgaire dépend non seulement du but recherché, mais aussi de la manière dont se sent la personne qui pose. Être en accord avec soi-même est un premier pas pour se sentir belle et dégager de la prestance plus que du vulgaire.

Selon moi, ces polémiques et interrogations sur le nu –féminin notamment- découlent du fait que l’image que la société fait des femmes a évolué malgré des contradictions qui subsistent. La femme doit être une figure rassurante, maternelle douce et naturelle mais elle doit être aussi sexy, constamment désirable et attirer les regards.

On pense souvent que poser nu ne fait ressortir que le deuxième aspect de la femme ce qui a pour conséquence que cet art de se dévêtir est souvent perçu négativement. Mais on oublie qu’une femme peut dégager du charisme, de la prestance et de la classe, même nue. C’est là que se situe la frontière entre art et vulgarité.

Look Du Jour Ophélie1
Rédactrice : Ophélie

À propos de l’auteur

Aude a fondé Belle ô pluri'elle avec l'objectif  de valoriser l'essence féminine et promouvoir les beautés plurielles. Accompagner et aider  les femmes à révéler tout leur potentiel est une mission qui la passionne. Découvrez son dernier livre Osez le chômage ! Un tremplin vers la carrière de vos rêves paru aux éditions Vérone. http://osezlechomage.fr

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