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Les Fils : Création d’objets textiles, accessoires de modes, vêtements pour enfants mais pas que !

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Aude : Bonjour Sandie. Nous nous sommes rencontrées dans le cadre de l’événement T Mode qui a eu lieu à Paris du 21 au 23 Mars dernier, et j’ai voulu en savoir un peu plus sur vos créations. Pouvez-vous nous parler  de votre travail de créatrice et nous expliquer la façon dont vous appréhendez votre métier ?

Sandie : J’ai commencé par développer une collection pour bébé, lorsque j’ai eu mon premier enfant. Je me suis rendue compte que je ne trouvais pas forcément des choses qui me plaisaient ou des choses que je trouvais pratiques. J’ai donc commencé à faire des petites choses pour mon bébé, mais uniquement pour lui. Ca a plu aux copines, à la tante qui avait un bébé, pour offrir un cadeau… Quand j’ai vu que ça plaisait et que, surtout, je prenais plaisir à créer et faire des choses qui allaient être utilisés pour des bébés, je trouvais ça hyper chouette de les accompagner dans ces premiers jours. De pouvoir aussi faire des cadeaux de naissance qui soient différents, qui soient personnalisés, c’est vraiment l’idée de mes collections : que se soit personnalisable. Je fais tout ce qui est nid d’ange, couverture de lit, cape de bain, et là je vais me mettre aussi à faire des turbulettes car j’ai pas mal de demandes.

 Aude : C’est quoi un nid d’ange ?

Sandie : En fait le nid d’ange c’est comme des sacs de couchages pour bébé – je vais vous montrer – se sont des sacs de couchage pour bébé.

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Aude : Ah, génial ! Je cherchais le nom quand je préparais l’interview !…

Sandie : C’est vraiment pour le bébé de zéro à six mois. C’est très bien le nid d’ange, on y met le bébé, on sert plus ou moins les liens, et ça permet de vraiment l’emmitoufler. Ca donne au bébé la sensation d’être protégé comme dans un cocon, comme dans le ventre de la maman. Moi par exemple, je l’ai utilisé pour mon premier bébé, et c’est vrai qu’il dormait super bien ! Ca les rassure vraiment de ne pas avoir les bras qui volent. Mais après à partir de six mois ils sont beaucoup plus grands et ont envie de pouvoir bouger. Les turbulettes, c’est comme un t-shirt mais sans manche, ça fonctionne comme un sac de couchage et ça s’ouvre avec une fermeture éclair sur le côté. Turbulettes, gigoteuses, ça a différents noms. L’idée de la collection pour bébé c’est que tout est personnalisable. Par exemple sur ma boutique en ligne il y a des gens qui me disent « moi j’aime bien ce tissu fleuri mais je préfère telle couleur », donc on travaille ensemble, on fait ce qui vraiment peu correspondre au goût de la maman, du papa, ou de ce qui veulent offrir le cadeau. On peut aussi faire une collection qui corresponde plus aux couleurs de la chambre. J’ai souvent des demandes de ce type «  J’ai une chambre dans les tons parme. » ou alors : « la chambre de mon bébé est verte et bleu, que pouvez-vous me proposer ? » Dans ces cas là, j’envoie des petits croquis avec les tissus pour qu’ils puissent faire un choix. On peut aussi personnaliser avec le prénom, ou bien des choses comme « sweet baby » ou autre lorsque le prénom n’est pas révélé. Le fait que se soit personnalisé ça plait vraiment beaucoup. Parce que c’est quelque chose que l’on garde ensuite et ça fait un joli souvenir. Après j’essaie d’avoir un éventail de couleur assez varié, mais c’est vrai que l’on fait ce qui nous plaît, ce qui correspond à notre sensibilité.

Aude : Oui c’est sûr.

Sandie : Tout à fait, on ne peut pas non plus tout proposer parce que toutes les couleurs ne me plaisent pas autant. J’essaie de proposer une collection qui puisse convenir au plus grand nombre mais qui, dans le même temps, me corresponde à moi aussi pour pouvoir vraiment défendre la collection et la porter.

Aude : A qui s’adresse vos créations et quel public visez-vous ? Créez-vous uniquement des accessoires et des produits pour bébé ?

Sandie : Alors une partie des créations est pour bébé. Il y a aussi quelques pièces qui s’adressent aux enfants comme, par exemple, les capes de bains. Cet hiver j’ai eu tout ce qui était  bonnet snood, moufles, il y avait une collection très chouette cet hiver. J’aimerai agrandir ces collections pour enfants et pouvoir proposer pour cet été, si j’y arrive et si j’ai le temps, des petites robes, des basics pour les petites filles, et aussi pour les grandes filles que se soient les mamans ou autres, donc voilà. Ensuite il y a une autre partie qui est plus adulte donc femme ou homme. J’ai toute une collection d’écharpe ronde en lin, en coton, j’ai des sacs en coton imprimés, j’ai des sacs en lin fait main, donc toute une gamme comme ça. Il y a toute une gamme de pochette, trousse de toilette, house d’ordinateur, etc… Se sont vraiment deux pôles et j’aimerai réussir à développer les deux afin d’être dans cette continuité là. Au niveau du public n’importe quel public est visé, mais c’est vrai qu’il s’agit de fait main, ça a donc un prix de fait main.

 Aude : Justement vous créez et proposez des vêtements, accessoires, et créations entièrement fait main, en quoi cela fait-il sens pour vous ?

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Sandie : Ca a un sens absolu pour moi. Avant de me lancer  dans cette aventure là, j’étais styliste chez Zarah en Espagne pendant 7 ans, et ça a été une expérience géniale. Ca a été très intéressant. C’était mon premier travail, j’ai commencé en  tant que stagiaire après mes études, j’ai fait un stage de 6 mois, et ensuite j’ai été prise. J’étais à la maille, donc il s’agit de tout ce qui est tricot, ou pull ou quoi que ce soit qui est fait en maille parce que c’est une technique à part. J’étais responsable de ce qui était fabriqué en Asie. Et donc c’est vrai que j’ai pu être complètement en contact de la fabrication en Asie. J’ai visité toutes les usines, j’ai travaillé avec les fournisseurs, j’ai découvert vraiment ce qu’est la production de masse. Il y a de tout, forcément, mais il n’y a pas du tout que du mauvais. Il y a surtout une grande partie de bon. C’est vrai que c’est à part, mais Zarah a une politique et essaye de faire attention à la fabrication et au respect à la fois des employés et des conditions de fabrication. Après on ne peut pas tout gérer parce que c’est sous-traité, sous-traité, sous-traité à un tel point qu’on n’est même plus au courant de qui a fait quoi. Même en tant que styliste, il arrive que parfois on ne sait plus qui vraiment a fait les choses… Ca m’a permis de voir vraiment les bons et les mauvais côtés de la production de masse, et c’est pour ça justement que j’ai voulu tenter cette expérience du fait main, du respect des beaux tissus, des belles matières. J’adore les couleurs et les tissus. Je ne peux pas faire des articles dans des tissus qui au toucher ou bien à la résistance ne me conviennent pas. Je teste tout, je fais des test de lavage, je cherche vraiment des tissus qui me conviennent, qui conviennent à mon standard pour vraiment être sûre de ce que je propose à mes clients.

 Aude : Quelles matières avez-vous tendance à privilégier ?

Sandie : Alors pour tout ce qui est de la gamme enfant c’est du coton. Parfois il y a des petits mélanges, il y a des polyesters mais le pourcentage de coton est toujours plus élevé. C’est vrai que pour les bébés par exemples tous les intérieurs sont en coton, toutes les ouatines, donc c’est ce qui fait l’épaisseur, sont des ouatines en polyester hypoallergénique. C’est très très important parce qu’après c’est beaucoup lavé, c’est passé au sèche linge, donc il faut que se soit très résistant. Pour la gamme enfant donc tout est en coton. Après concernant les cotons il y a les cotons lisses, et ensuite il y a aussi toute une partie de coton liberty. Le liberty c’est un tissu anglais. Généralement on connaît le liberty pour les petites fleurs. Se sont des imprimés déposés, c’est une marque. Se sont des imprimés magnifiques, et puis ça apporte un petit plus parce que ceux qui connaissent le liberty reconnaissent directement le tissu, se sont de très bons tissus qui ont une très bonne résistance, les couleurs résistent à 100 lavages. Ca existe depuis très longtemps et c’est connu dans le monde entier, ça apporte une valeur ajoutée.  Pour la gamme bébé se sont des tissus très propres.

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Pour la gamme adulte, pour tout ce qui est écharpe ou pochette, toujours la même recherche au niveau des qualités, des couleurs, de la vivacité des couleurs, de l’intérêt des couleurs. J’essaie de trouver des choses que l’on ne voit pas forcement tout le temps, des choses qui apportent un petit plus. Concernant les matières c’est du coton, du lin, il y a quelques polyesters qui sont toujours des mélanges. Mais vraiment pour moi l’idée c’est qu’au toucher on sente quelque chose de naturel. Parfois, c’est bien qu’il y ait un petit pourcentage de polyester parce que ça permet une meilleure aération, une meilleure qualité au niveau technique du tissu, mais c’est vrai qu’au niveau de la main j’ai toujours besoin que se soit quelque chose de naturel et qu’on sente un bon tissu en main. C’est vrai que moi pour le coup pour trouver des tissus j’adore ça !

 Aude : Parlez nous de votre marque Les Fils, depuis combien de temps existe-elle ?

Sandie : Alors officiellement elle existe depuis fin octobre.

 Aude : 2013 ?

Sandie : Tout à fait, c’est très récent. Jusqu’en septembre j’habitais en Espagne j’ai donc quitté mon travail chez Zarah il y a un an et demi et j’avais ce projet là de me mettre à mon compte. Ca a un petit peu muri, j’ai commencé à monter la marque étant en Espagne mais c’était vraiment non officiel. On est revenu en France et j’ai fais toutes les démarches pour déposer la marque, pour me déclarer en tant qu’auto-entrepreneur et ce depuis fin octobre. Et donc écoutez et bien pour l’instant ça décolle assez bien, je suis assez contente donc c’est vrai que c’est un travail énorme parce qu’il y a tout ; la création, les recherches de matières premières, le marketing, il y a la communication, la comptabilité, tout ce qui est légal, les dépôts. Mais après j’ai mon petit mari qui est à fond dans ça !

Aude : Ah génial !

Sandie : C’est comme notre troisième bébé, c’est vraiment un projet qu’on porte tous les deux et même à la rigueur tous les quatre avec mes deux enfants parce que c’est vrai que pour le coup il y a beaucoup de soirs où je vais les chercher à l’école, je vais à l’atelier et je leur dis bon vous prenez un livre, ou bien vous prenez des pinceaux vous peignez ou quoi, ici ils ont leur petit coin, moi je suis avec eux mais c’est vrai que je continue à travailler. Ils se sentent un peu partie prenante du projet, sur les salons ils viennent toujours me voir donc ils sont super fières !

Aude : Ah super ! Lors de notre rencontre, vous m’avez expliqué d’où venait le nom de votre ligne, pouvez-vous nous en dire plus et partager cette jolie histoire ?

Sandie : Tout à fait ! Depuis toujours j’ai eu mon point sensible, ça a été les enfants, surtout les enfants qui n’ont pas eu la chance de grandir comme les nôtres. Et donc c’est vrai aussi dans cette démarche éthique de proposer des produits fait main et dans des qualités qui respectent le produit et l’environnement, la première idée c’était que se ne soit pas une démarche égoïste dans le sens ou, bien évidemment il faut que j’en vive parce que j’y passe mes journées parfois mes nuits, mais je voulais vraiment quelque chose ou l’on donne à l’autre, c’est quelque chose que j’essaie d’appliquer dans ma vie de tous les jours et je ne me voyais pas travailler sans avoir cette idée là.  Les enfants c’est quelque chose qui m’a toujours tenue vraiment à cœur, donc ça s’appelle Les Fils parce que 10% des ventes – non pas des bénéfices mais des ventes directement – sont reversées à des associations qui s’occupent d’enfants en situation vulnérable, d’enfants dans le besoin, d’enfants seuls ou en situation d’isolement. Alors à la base on voulait travailler directement avec des orphelinats, mais c’est vrai que dernièrement il y a eu beaucoup de problèmes avec les orphelinats, problèmes de tout ordre, d’abus sexuels, économiques, tout. C’est très difficile de trouver des orphelinats dans lesquels on puisse avoir une confiance absolue. Et notre idée c’est vraiment ça, que l’on sache où va l’argent des clients, parce qu’au final c’est aussi une histoire que l’on partage avec eux. On a commencé à travailler avec une association qu’on connaissait depuis très longtemps, une association qui parraine des enfants, ils ne sont pas forcément orphelins. L’association propose un parrainage complet, on paie une somme fixe par mois, et donc le parrainage permet de pourvoir aux besoins de la famille de l’enfant, de ses parents, frères et sœur, ou de ses oncles et tantes, grands-parents s’il n’a pas ses parents, et de fournit un soutient pour le logement, pour la nourriture, pour que l’enfant puisse aller à l’école. L’association s’assure que l’enfant va à l’école. Il y a aussi toute une partie de formation pour les parents, et le cercle familiale au niveau de la santé, de l’éducation. Cette association s’appelle le SEL, au niveau français et au niveau mondial ça s’appelle Compassion, et en fait dans toutes les villes ou elle travaille, (elle est présente dans tous les pays) il y a comme des centres médicaux sociaux qui appartiennent à cette association et donc les parents se retrouvent là pour échanger, pour apprendre, pour être suivi.  C’est vraiment un suivi absolument complet et nous on peut aussi échanger avec l’enfants, c’est à dire que l’enfants nous écrit des lettres, on lui écrit, on peut lui envoyer des petits cadeaux. L’enfant ne peut pas connaître notre adresse pour des raisons de confidentialité mais c’est vrai qu’il y a un vrai échange. Il sait qu’une vraie personne pense à lui et met de côté une petite somme de son quotidien, humainement c’est fort pour l’enfant. Dans le parrainage il y a aussi une petite partie qui est inclue, c’est un parrainage plus, pour noël et pour l’anniversaire de l’enfant, il reçoit un cadeau. Nous on envoie les sous et l’association se charge du reste. Mais c’est vrai qu’il y a un vrai contact avec l’enfant on sait que l’enfant ressent vraiment notre aide, notre soutien, donc là aussi mes enfants interviennent, leur envoient des dessins et tout ça.  On travaille avec cette association et on travaille aussi avec une association en Argentine  qui s’occupe d’enfant qui ont leur famille, mais qui vivent dans des quartiers assez défavorisés et qui souvent vont à l’école sans manger. L’association s’occupe de proposer un petit déjeuner très copieux tous les matins pour que les enfants puissent ensuite aller à l’école le ventre plein et donc réfléchir.

Aude : Oui, être concentrés.

Sandie : Se concentre. Et le week-end, elle propose des activités, elle s’occupe des enfants. On est en train de voir une troisième association au Bengladesh, mais c’est un projet, on est en train de se renseigner.

Aude : D’où tirez vous votre inspiration ?

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Sandie : Alors pour le coup d’un petit peu tout. Vue que je suis issue de la mode, je suis beaucoup les défilés, tous les blogs, donc ça c’est un peu une base pour savoir ce qui va se porter. Ce qui va nous plaire au final parce que ça marche comme ça ! Après je ne veux pas forcément que mes produits suivent la mode mais c’est vrai que de toute façon étant plongée dans ce milieu là au final même si on ne veut pas, on en vient toujours à ce qui est à la mode, à ce qui va être à la mode bientôt ou ce qui l’a été, avec un petit temps de décalage mais de toute façon l’air du temps est là ! Je navigue souvent sur internet donc je me laisse souvent porter par des rencontres, par des sites de photos que j’aime beaucoup. Ca peut être très divers, en fait, et puis une grosse partie de l’inspiration aussi c’est quand je vais voir mes tissus, là je me laisse aller aux associations de couleur, de motif, parce que j’aime bien que mes créations soient pleine de vie. Proposer des choses douces et des choses un petit peu plus punchy mais toujours qu’il y est une vie et une douceur dans ce que je peux proposer. Mais c’est vrai que l’inspiration peut venir de tout, vraiment. Donc l’idée c’est d’être toujours l’esprit ouvert et de regarder, d’aller voir des expos, de voir des films, enfin tout. C’est tout qui vraiment nous permet d’avoir les petits capteurs ouverts et ensuite de recompiler tout ça et d’en faire un produit qui nous correspond, sans copier ou s’inspirer absolument d’une telle tendance, mais vraiment de se nourrir pour ressortir à notre tour quelque chose qui nous corresponde et qui fait notre valeur ajoutée au final. C’est très personnel.

Aude : Pouvez-vous nous parler de votre parcours et nous expliquer ce qui vous a amené à créer votre propre ligne ?

Sandie : J’ai fais un bac ES. J’avais une vague idée que je voulais être styliste mais alors c’était vraiment en gros, j’ai fais le bac ES pour laisser ouvert toutes les possibilités. Après le bac Es, j’ai fais une année de mise à niveau en art appliqué pour intégrer des écoles. L’art appliqué c’est ce qui est stylisme, graphisme, publicité, tout ce qui touche à l’art mais qui est vraiment appliqué à un métier concret. Pour intégrer ces écoles, il faut avoir fait une année de mise à niveau en art appliquée, donc c’est une année qui est géniale parce qu’on touche à tout. Tous les grands domaines de l’art appliqué, tout ce qui est stylisme, communication visuelle, graphisme, création textile, c’était très intéressant parce que c’est une année où on a que des cours comme histoire de l’art, des cours de technique, des cours de nu, on passe 5 heures en cours de nu, des cours de peinture, des cours de couleur. C’est excellent parce que ça permet vraiment de voir vers quel domaine de l’art appliqué on se retrouve. Et ça permet de tout découvrir et d’ouvrir notre esprit à tout ce monde qui avant m’était assez inconnu. Moi j’ai un papa qui est architecte donc qui est assez ouvert sur tout ce qui est artistique mais c’est vrai que l’art appliqué c’est très vaste et c’est très intéressant. Ensuite j’ai intégré une école d’art appliqué à Paris qui s’appelle Duperré, donc c’est une école publique. J’ai fais un BTS de stylisme de mode et ensuite j’ai enchainé avec un DMA, c’est un Diplôme des Métier d’Art en création textile, spécialisé en broderie. C’était génial parce que pendant 2 ans je faisais de la broderie. Alors on peut le voir de façon un peu « mémé », mais pas du tout c’était vraiment utiliser la broderie pour créer et faire des choses nouvelles et c’était très très intéressant. Quand j’étais en train de finir mon diplôme à Duperré, mon diplôme des métiers d’art, Zarah a lancé un projet où ils recherchaient des jeunes qui étaient en train de finir leur cursus pour les recruter en tant que stagiaire, et si ça marchait ensuite, pour les former. Donc j’ai été sélectionné au sein de l’école et ensuite il y a eu plusieurs niveaux de sélection. C’était la première année du projet, c’était un projet pilote, et je me suis retrouvée parmi les deux qui étaient pris. Ca a été une aventure hyper intéressante. J’ai fais 6 mois de stage à Zarah et puis ça a conduit sur un CDI. J’ai travaillé pendant 6 ans et demi.

Aude : D’accord, donc en Espagne ?

Sandie : Tout à fait. Dès le début. Le stage s’est passé en Espagne. Alors Zarah on peut se dire que comme c’est une très grande entreprise tout le monde va parler anglais alors que pas du tout. Moi j’avais étudié espagnol, en LV2 donc j’avais un espèce de vague bagage on va dire, mais ce n’était pas du tout le vocabulaire technique du travail donc pour le coup les deux trois premiers mois ça a été le flou absolu, mais absolu ! J’étais mise dans le bain dès le début. Ce qui est très intéressant chez Zarah c’est que quand vous travaillez en tant que styliste ou quoi que se soit, mais en tout cas à un poste de responsabilité, avant de commencer vous êtes envoyée en boutique pour connaître la vie de la boutique. Donc la pour moi c’était terrible parce que je ne parlais pas du tout espagnol, en tout cas pas aussi bien qu’il aurait fallut pour comprendre les clientes, pour savoir ce qu’elles me demandaient donc ça c’était assez terrible. J’entrais vraiment d’un coup dans l’histoire ! Donc les deux trois premiers mois ça a été très difficiles mais au niveau de la langue en fait parce que sinon après je me sentais bien. C’est vrai que par la suite il y a eu une espèce de déclic et l’espagnol n’a plus du tout été un problème.

Aude : Travaillez-vous seule ou êtes vous amené à travailler en collaboration avec d’autres créatrices ou créateurs ?

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Sandie : Alors pour l’instant je travaille seule, j’aimerai beaucoup développer les collaborations parce que de part mes études ou de part mon travail j’ai pas mal de relations avec des stylistes ou des créatrices textiles donc je pense que se serait très intéressant. C’est quelque chose que j’aimerai développer, un projet à moyen long terme se serait d’avoir un atelier partagé ou un atelier boutique pour ne pas être seulement ici, mais vraiment pour être plus en contact avec d’autre gens. Pour le coup d’être freelance c’est hyper chouette parce qu’effectivement je peux gérer mon emploi du temps comme je le veux, et quand je n’ai pas envie de parler à mes collègues bah je ne leur parle pas, mais c’est vrai que quand j’ai envie de leur parler c’est assez compliqué. (Rires) C’est aussi une partie du travail de freelance qu’il faut prendre en compte avant de s’y lancer, c’est-à-dire qu’on travaille seule, donc il y a les très bons côtés mais il y a aussi les côtés moins évidents. Parfois on aimerait bien avoir des collègues à qui parler, on aimerait bien aussi avoir des gens qui pourrait nous donner leur avis sur ce qu’on est en train de faire, nous aider à prendre du recul sur les créations. Pour moi c’est une vraie envie de trouver par exemple un atelier partagé, je trouve ça très intéressant.

Aude : Lors de notre rencontre j’ai flashé sur une de vos créations, le nid d’ange, et vous m’avez dit que l’inspiration était venue parce que vous êtes maman, je voulais donc savoir si le fait d’être maman est également pour vous une source d’inspiration ?

NEST NINO 4 copySandie : Tout à fait, alors ça c’est clair et net, surtout pour la ligne enfant ou bébé pour le coup. Premièrement comme je suis maman je suis amenée à aller tout le temps dans les magasins d’habits pour enfants ou je suis beaucoup en contact avec d’autres enfants. Ca m’aide dans le sens ou  je vois ce qui est pratique, ce qui n’est pas pratique, ce qui est superflus, ce qui est très embêtant au quotidien dans les habits de l’enfant. C’est vrai que je vois tout ce qu’aiment les enfants. Les enfants sont comme des éponges et ça capte vraiment ou bien les tendances ou bien ce qui plait à un enfant, intrinsèquement, et c’est vrai que c’est très intéressant. Si par exemple le mercredi je dois aller chercher du tissu, et bien j’emmène mes enfants et eux ils adorent ! Et je vois aussi qu’ils ont leur petit choix, ils viennent dans l’atelier et ils ont envie de faire un doudou donc je les vois chercher les tissus qui leur plaisent, c’est chouette de pouvoir avoir au final leur regard. Alors c’est deux garçons je pense que si j’avais une fille ça aurait été pire, mais bon deux garçons ça va déjà ! Non mais c’est vrai que ça m’aide beaucoup et ça permet vraiment de ne pas faire des créations qui soient magnifiques mais complètement hors du quotidien de l’enfant.

Aude : Quel est votre secret pour réussir à concilier votre travail, votre vie de famille et votre vie de femme ?

Sandie : Alors écoutez (rires), je ne sais pas si je l’ai encore vraiment trouvé. Non c’est un vrai jonglage, dans le sens ou quand on a monté sa boite, c’est vraiment quelque chose qu’on a en soit et il faut faire très attention de ne pas y penser tout le temps. C’est le premier point, au delà de l’organisation du temps de travail et tout ça c’est vraiment le premier champs sur lequel on doit se battre. C’est vrai que si je m’écoute j’emmène mes enfants au parc et je pense à mon boulot. Je vais me promener avec eux et je suis à l’affut pour mon boulot, ce n’est pas chouette pour eux et c’est vrai que ce n’est pas bon pour moi non plus parce qu’il faut aussi qu’on apprenne à avoir des moments de calme où on ne pense pas forcément qu’au boulot. Comme mon mari est très impliqué dans cette histoire là, il y a des fois où on va diner et on se dit « non mais la ce soir on ne parle pas du boulot », alors que c’est un truc qui est tellement naturel entre nous qu’on ne s’en rend pas compte. Le premier problème est donc là, il faut vraiment être vigilant si on veut continuer à garder une belle vie de famille, une belle vie de couple et une belle vie personnelle aussi. Parfois on se dit qu’on aimerait se balader, aller voir une copine, aller prendre un thé, et ensuite je me dis que j’ai des commandes, mais bon après il faut aussi savoir faire la part des choses et vivre. Je me dis que si je ne suis pas heureuse mes créations, elles, ne seront pas belles ! Rires.

Aude : Tout à fait. Quel conseils donneriez-vous aux mères de familles pleines de talents qui portent un projet, tel qu’il soit, mais qui n’osent pas le concrétiser par crainte de ne pas réussir à tout gérer.

Sandie : Et bien écoutez je pense que de toute façon il faut essayer d’être entourée. Que se soit par des copines, par le mari, par qui que se soit, ou même des professionnelles. Aller s’informer auprès d’eux pour en savoir plus sur l’activité dans laquelle vous souhaitez vous lancer. Il y a beaucoup de choses auxquelles on ne pense pas lorsqu’on se lance dans une activité, on ne se rend pas compte forcément de quel sera le quotidien, de toutes les tâches administratives, tout ce qui est compta. Et puis de s’entourer, parce que c’est vrai que ce n’est pas tous les jours facile, réussir à persévérer et à croire en soi tout en se remettant en question, en gardant son essence. Donc le fait d’être entourée ça permet d’être aidée, d’avoir des conseils, de ne pas se sentir seule et démunie face à la charge de travail ou à l’absence de travail qui peut être assez perturbante. Par exemple pour l’instant je vends en ligne et sur les salons, donc là je suis en train de travailler pour pouvoir être distribuée dans les multimarques, dans les boutiques pour enfants et tout ça, mais c’est vrai que pour ce qui est de la boutique en ligne ça fluctue énormément. Il y a des semaines où il n’y a pas beaucoup de vente et là on pourrait se décourager. Et il y a d’autres semaines où c’est de la folie alors qu’il n’y a pas vraiment d’explications. L’idée d’être entourée par des gens premièrement qui s’y connaissent dans le métier ou dans la mode, ou l’art suivant ce dans quoi on veut se lancer. Et aussi des gens qui nous connaissent et qui sont prêts à nous aider. Pour moi c’est une base qui permet de se lancer avec sérénité. Et ne pas dramatiser, se dire que voilà il y en a pleins d’autres qui ont dû se lancer dix fois avant de réussir et que c’est la vie.

Aude : Pour finir, que faire pour vous commander des créations et choisir un modèle bien précis ? 

Sandie : Et bien premièrement il y a la boutique en ligne. Donc là on peut regarder tout ce que je propose. En fait on peut commander directement sur la boutique en ligne, le paiement se fait par paypal. Il faut avoir ou bien un compte paypal ou bien payer par carte, il n’y a aucun problème. Et ensuite, s’il y a une quelconque personnalisation, on m’envoie un mail, il y a le lien sur la boutique en ligne, et moi j’essaie de répondre pour le coup assez rapidement. Très souvent, les gens m’écrivent, et ils sont étonnés de recevoir une réponse d’une vraie personne, et assez rapidement. Ils voient que ce n’est pas un service client qui leur répond et pour le coup, ça fait vraiment la différence et ça donne vraiment une dimension encore plus grande du fait main. Il y a une proximité qui s’installe et une humanité disons qui est assez appréciée par les gens qui sont sensibles à ce type de produit en tout cas. Après, il y a Facebook et Instagram où je poste régulièrement des photos et des mises à jour pour que les gens puissent voir ce qui est nouveau sur la boutique en ligne et aller jeter un coup d’œil. Comme tout est fait main, se sont des petites séries, donc il y a très régulièrement des nouveautés. Ce n’est pas une ou deux collections par saison, se sont vraiment des collections qui sont tout le temps agrandies ou en changement.

 Aude : Et bien merci beaucoup pour cct échange

Sandie : Avec plaisir.

Pour les coordonnées c’es par ici: 

Site web: http://www.lesfils.com

Mail: contact@lesfils.com

 

 

 

 

 

 

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