Bien-être

Pourquoi j’ai décidé d’arrêter la pilule

pourquoi j'ai décidé d'arrêter la pilule ?

Au mois de décembre dernier, j’ai décidé d’arrêter la pilule. J’avais de plus en plus de difficultés à prendre mon traitement à heure fixe. Au départ je n’y ai pas trop prêté attention mais ça a quand même finit par m’intriguer. Comment cela se faisait-il ? J’avais été assidue durant des années sans jamais oublier une seule fois le petit comprimé magique.

Puis, petit à petit, j’ai eu tendance à oublier de la prendre. Cela à finit par m’intriguer. J’ai donc commencé à m’observer de près. Histoire de remédier à cette tendance, j’ai trouvé toute sorte de stratégie : mettre une alarme sur le portable, me balader constamment avec ma plaquette de pilule afin d’être sûre de ne pas l’oublier à la maison en cas de sorties, coller des post-it un peu partout dans la maison, rien à faire.

Je dois dire que je venais d’expérimenter et de découvrir le fameux instinct maternel. Ca m’est tombé dessus, comme ça, sans prévenir. Le plus drôle c’est que je n’y croyais absolument pas ! Mais j’aurais l’occasion de rédiger un post à ce sujet.

J’avais donc mon explication. Si je ne prenais plus correctement la pilule c’est parce que mon désir de devenir maman aidé de mon inconscient (à le petit filou !) avait fait surface. J’avais donc ma réponse. Pourtant, malgré mon envie de fonder une famille avec mon conjoint, je savais aussi pertinemment que je n’étais pas encore tout à fait prête. Que faire donc ?

Je sentais que quelque chose ne tournait pas rond dans mon organisme. Cela faisait dix ans que je prenais la pilule, et à présent, je n’y arrivais plus. A partir du mois de novembre 2013 j’ai commencé à avoir d’affreuses douleurs abdominales chose qui ne m’était jamais, mais alors jamais arrivé auparavant. Des douleurs qui n’avaient pas lieu d’être puisqu’elles survenaient en dehors de mes périodes de règles et que la prise de la pilule m’avait totalement coupé du moindre ressenti !

Je suis donc allée voir un docteur, j’ai fait une écographie : le doc’ m’a dit que j’avais un myome. « Un quoi ? » Il s’agit d’une tumeur bégnine du tissu musculaire de l’utérus (hum rien que ça !) Rien de bien grave, selon le doc’ qui m’a par ailleurs informé qu’environ un cinquième des femmes avaient des myomes. J’ai hésité un instant à lui demander si elle faisait partie de ces femmes (oui j’ai omis de le spécifier, le doc’ est une femme). Parce qu’elle n’avait pas l’air plus inquiète que ça. Je pense qu’elle aurait été plus affolée en m’annonçant que j’avais une grippe !

Pendant un moment je dois avouer que j’ai quand même bien paniqué en m’imaginant le pire. Surtout lorsque l’on entend le mot « tumeur ». Tu zappes le côté bénin pour te focaliser sur ce mot. Rien de bien grave, rien de bien grave, je ne voudrais pas remettre en cause les compétences du doc’, mais on parle quand même de mon utérus là ! Ca touche à ma féminité, à mon désir de maternité, et à la possibilité de rencontrer des complications.

Comme je n’ai pas envie de faire dans le sensationnalisme, je vous laisse chercher par vous même et faire le tri parmi toutes les informations que vous trouverez. Je me suis empressée de demander à ma gynéco si la pilule pouvait y être pour quelque chose, s’il fallait que je continue de la prendre ou pas. Je l’ai interrogé à propos de cette affaire de pilule troisième génération, bref j’étais perdue, et cette dernière m’a confirmé que la prise de pilule ne comportait AUCUN RISQUE.

Peu convaincue par le discours bienséant du corps médical j’ai fais mes recherches sur internet pour me rendre compte qu’une des causes de l’apparition d’un myome pouvait être due à une augmentation du taux d’œstrogène… Sachant que la pilule est un moyen de contraception modifiant les taux d’hormone chez la femme et que la plupart des pilules associent deux types d’hormones à savoir l’œstrogène et la progestérone, j’ai tout de suite fais le lien, et j’ai pris la décision d’arrêter la pilule.

« Bien évidemment je conseille à toutes les femmes de consulter leur médecin et gynécologue avant de prendre la décision d’arrêter ou de modifier leur mode de contraception. J’ai bien conscience de la responsabilité que nous avons en tant que blogueuse et je n’incite pas à faire tout et n’importe quoi ! Il s’agit avant tout de partager une expérience, d’inciter à la réflexion. Pour le reste, a vous de vous informer quant à votre situation et de prendre les décisions qui vous correspondent le mieux et que vous trouvez judicieuses pour vous, vos filles, vos sœurs, etc. Chacune engage sa responsabilité dans ses choix, merci donc de ne pas brandir cet article furieusement en criant à la folie…»

En ce qui me concerne, j’ai préféré faire confiance en mon intuition. Les réponses de mon médecin et de ma gynécologue ne m’ont guère satisfaites. Lorsque j’ai questionné ma gynécologue à propos de la polémique sur la pilule de la troisième génération et de ces effets, avec quand même l’envie de savoir si la pilule que je prenais faisait partie du lot, cette dernière m’a assuré d’un air confiant qu’il n’y avait aucun souci. Toujours pas convaincue ! C’est, une fois encore, en faisant mes propres recherches que j’ai fini par savoir que la pilule que j’ai pris durant dix ans était une pilule de deuxième génération. Ouf !

Qu’a cela ne tienne, j’ai arrêté la pilule sans me poser aucune question, convaincue que donner à mon corps des hormones n’était pas la meilleure façon de vivre ma féminité et mon cycle menstruel. Mais que choisir ? La pilule a effectivement été un outil formidable de contraception pour les femmes, (et l’est toujours d’ailleurs) un moyen porteur de sens et libérateur à bien des égards. La pilule nous rappelle que des femmes ont dû se battre pour avoir le droit de disposer de leur corps, pour vivre librement leur sexualité sans avoir à rendre de compte à personne et surtout en préservant l’aspect sacré de la vie en limitant le nombre d’avortement.

Mais aujourd’hui, de plus en plus d’enquêtes et d’études démontrent que la pilule n’est bonne ni pour l’organisme féminin, ni pour l’environnement. Des traces d’hormones issues de nos pilules seraient présentes en résidu dans l’eau courante, impactant ainsi l’organisme de ces consommateurs et de la biodiversité présente en ces lieux.

Par ailleurs, cela fait 8 ans que je suis en quête de mieux être au quotidien et que j’accorde une importance toute particulière à mon hygiène de vie. La consommation de la pilule m’est apparue comme totalement incohérente avec ce projet. Plus jeune, il m’était impossible d’envisager de vivre sans la pilule. La crainte de tomber enceinte alors que j’étais étudiante et trop jeune pour avoir un enfant, était plus forte que tout. A présent, je vois les choses autrement. Premièrement parce que je vis une belle histoire d’amour et que je partage ma vie avec mon conjoint (le futur père de mes enfants) depuis maintenant 11 ans. Deuxièmement parce que la venue d’un enfant dans ma vie serait un cadeau du ciel et non pas une angoisse absolue. Et troisièmement parce que je suis convaincue que nous pouvons avoir recours à des moyens de contraception qui respectent l’organisme des femmes. Il est impossible pour moi d’en avoir le cœur net mais il est possible que si je n’avais pas consommé pendant 10 ans des hormones je ne vous raconterai pas cette histoire…

Il est nécessaire d’éduquer et d’informer les adolescents, de les sensibiliser et d’accompagner les jeunes vers une sexualité saine, épanouie et responsable. Il est primordial d’informer les femmes que nous sommes, notre éducation n’est pas finie ! Je suis convaincue que les méthodes contraceptives sont utiles, mais je crois aussi qu’elles se doivent de respecter nos corps, celles de nos filles, celles de nos sœurs.

 

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